L’état général du sentier national au Bas-Saint-Laurent

L’état général du sentier national au Bas-Saint-Laurent

J’ai longtemps hésité avant d’écrire un article sur l’état général du sentier national au Bas-Saint-Laurent de Trois-Pistoles à Dégelis. La raison est simple : j’avais besoin de prendre un peu de recul avant d’entreprendre la rédaction.

Je qualifierais notre aventure en deux mots : amère et décevante. Avant de commencer ce parcours d’une longueur de 144 kilomètres, j’étais très excité. J’ai passé énormément d’heures à rechercher et à lire la documentation disponible, à analyser les tronçons, à prévoir les difficultés, à planifier l’équipement et les repas, à réserver les campings, etc. Bref, beaucoup de temps, d’efforts et d’argent ont été investis afin que cette aventure soit une réussite. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.

L’aventure s’est étalée sur deux étés. Elle débute en août 2017 et se termine en août 2018. Nous avons parcouru 114 kilomètres sur les 144 kilomètres de sentier et ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé. Nous avons abandonné ce projet et je vais vous expliquer en quelques lignes pourquoi.

Voici une liste des tronçons que nous n’avons pas explorés dans leur totalité.

  • Le tronçon Rivière des Trois-Pistoles. Nous perdons le sentier après le premier kilomètre à partir du Pont des Trois-Roches de Saint-Jean-de-Dieu. Voir l’article le sentier Rivière des Trois-Pistoles (Étape 2).
  • Le tronçon Rivière Touladi. Après avoir stationné au bout du Chemin du Lac de Saint-Juste-du-Lac, nous parcourons plusieurs kilomètres dans des conditions difficiles  avant d’atteindre une passerelle effondrée qui nous empêche de traverser une rivière. Voir l’article le sentier Rivière Touladi (Étape 2).
  • Le tronçon Toupiké. De Saint-Clément, nous abandonnons après avoir marché la moitié du sentier à cause de la végétation trop dense. Voir l’article le sentier Toupiké (Étape 1).  C’est terminé. Après cette randonnée, c’est avec soulagement que nous prenons la décision de délaisser le sentier national au Bas-Saint-Laurent.
  • Le tronçon Sénescoupé. Nous ne foulerons aucun kilomètre de ce sentier.

Voici une liste de points qui résument bien en général nos aventures sur le sentier national entre Trois-Pistoles et Dégelis.

  • Les aires de stationnement sont accessibles, mais pas toujours bien entretenues.
  • Les pancartes sur le sentier ont besoin d’une cure de rajeunissement et/ou de réparation.
  • Les balises sont effacées par le passage du temps. En général, elles ont besoin d’être repeintes.
  • Les infrastructures, ponts, passerelles, belvédères, etc., ont des besoins urgents de réparations. Par endroits, c’est assez dangereux. Les refuges sont par contre très bien.
  • À plusieurs reprises, nous perdons le sentier sous une végétation dense.
  • Nous devons très souvent sortir du sentier parce que de gros arbres sont tombés et nous empêchent de progresser. Par moments, j’utilise même une hachette pour nous permettre de poursuivre notre randonnée.

À voir l’état des tronçons, cela fait plusieurs années qu’ils n’ont pas été entretenus. Avec toutes ces difficultés, nos journées de randonnée sont plus longues et aussi plus épuisantes. Heureusement, il n’y a pas que des points négatifs à notre aventure. Nous avons découvert la fromagerie des Basques! C’est l’endroit idéal pour refaire nos forces et remonter notre moral grâce à leurs bons fromages, leurs sandwichs et leurs délicieuses glaces. Il y a aussi encore quelques sections du sentier national au Bas-Saint-Laurent qui sont agréables à visiter. De plus, ce sentier nous a permis de découvrir de belles forêts de conifères, des montagnes et des rivières, des vestiges du passé et, bien sûr, le lac Témiscouata. Un dernier point, mais non négligeable : il y a un stationnement à chaque extrémité des tronçons pour les randonneurs qui veulent explorer le sentier national au Bas-Saint-Laurent par section. Les gens qui ont contribué à bâtir ce sentier doivent être extrêmement découragés de constater à quel point l’abandon et la décrépitude règnent aujourd’hui sur une grande partie du circuit de longue randonnée.

En conclusion, je pense qu’Il ne faut pas abandonner ce sentier de longue randonnée par respect pour ceux qui ont travaillé fort pour le construire et parce que c’est un sentier qui nous fait visiter de très beaux endroits de la région.

Basé sur mon exploration des différents tronçons du sentier national au Bas-Saint-Laurent et, si je peux me permettre en toute humilité, voici mes recommandations pour les gestionnaires :

  1. Urgent : Suspendre la promotion du sentier longue randonnée entre Trois-Pistoles et Dégelis. Il en va de la sécurité des randonneurs.
  2. Urgent : Modifier le site Web du sentier national au Bas-Saint-Laurent afin qu’il puisse refléter la réalité sur le terrain.
  3. Urgent : Fermer les sentiers qui ne sont plus praticables (balises effacées, structures effondrées, végétation dense, etc.)
  4. Revisiter tous les tronçons afin d’évaluer la charge de travail qui doit être accomplie pour les rendre sécuritaires.
  5. Établir une liste de priorités des tronçons à rénover.
  6. Mettre à jour la carte générale du sentier. Une partie du sentier Rivière Touladi a été remplacée par le nouveau sentier Grey-Owl dans le parc national du Lac-Témiscouata.
  7. Lancer la grande opération. Redonner vie au sentier national au Bas-Saint-Laurent!

Veuillez noter que, pour les prochains articles, c’est-à-dire ceux qui vont concerner les tronçons du sentier national au Bas-Saint-Laurent, afin d’éviter de me répéter, je vais seulement publier les sections «Informations sur la randonnée» et «Photos de la randonnée».

Liens vers les articles des tronçons du sentier national au Bas-Saint-Laurent en ordre chronologique d’exploration.

4 thoughts on “L’état général du sentier national au Bas-Saint-Laurent

  1. Ton compte-rendu réflète malheureusement la triste réalité. Les tronçons du sentier national sont tracés, balisés et entretenus par des bénévoles, qui doivent fournir une charge de travail considérable. À la dernière assemblée générale de RandoQuébec, qui chapeaute le sentier national au Québec, il a été question de la difficulté de recruter des bénévoles, et plus particulièrement dans la région du Bas-Saint-Laurent.
    L’organisme travaille fort à convaincre le gouvernement provincial de la nécessité de financer le projet du sentier national afin qu’il demeure vivant, mais ce n’est pas gagné. Le gouvernement fédéral a coupé les fonds dévolus à cette fin il y a quelques années. Il faut savoir que même si les bénévoles ne sont pas payés, il y a des frais d’infrastructures récurrents (équipement et outillage forestier, sécurité, logistique, etc.) Espérons que la conscientisation se fera dans les plus brefs délais.

    1. Je comprends très bien la situation. Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi le responsable du sentier national au Bas-Saint-Laurent continue à faire la promotion de tous les tronçons sur leur site Web (https://www.sentiernationalbsl.com/fr) car plusieurs d’entre eux devraient être fermés.

  2. Après la lecture de cet article, j’arrive à déceler la frustrartion et la tristesse dans ton écriture. Je suis vraiment déçue pour vous deux, car je sais à quel point ce projet te tenait à cœur. J’espère sincèrement que tu ne jetteras pas ton beau projet de faire le tour de tous les sentiers à l’eau….Car, c’est vraiment extraordinaire ce que toi et maman avez décidé d’entreprendre. Bonne chance pour cet été.

  3. Bonjour,

    Je me préparais pour ce sentier, mais après votre article, il n’y a aucune chance que je me montre. De plus, le nom de domaine (sentiernationalbsl.com) a été abandonné (28 janvier 2022). C’est vraiment dommage.

    Merci encore pour votre article.

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